Participation de Stéphane Ozil à l’émission « Regards croisés »​ sur France Inter

Stéphane Ozil était interviewé par Philippe Bardonnaud dans le cadre de l’émission « Regards croisés des MFP » (pour Médias Francophones Publics) diffusée hier sur France Inter. Le thème de l’émission était : « comment la société civile se réapproprie-t-elle la politique, notamment via la démocratie participative et les réseaux sociaux ? » 🇫🇷 📻🎙️

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Les réseaux sociaux au cœur d’un paysage politique aux mécanismes renouvelés

Cet article a été également publié dans Le Cercle Les Echos et sur LinkedIn.

Au cours des dernières semaines le paysage politico-médiatique français a affronté plusieurs situations inenvisageables jusqu’alors : l’élection de François Fillon à la primaire de la droite, celle de Benoit Hamon à gauche, le surgissement d’Emmanuel Macron dans le trio de tête des intentions de vote ont déjoué les pronostics les plus avertis. Or la généralisation de l’usage des réseaux sociaux et son impact en terme de ventilation de l’opinion est sans doute la piste la plus sérieuse d’explication de ces cas d’école.

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Ténors de l’UMP : « combien de divisions » sur Twitter ? [Etude]

La perspective d’une élection à la tête de l’UMP, prévue pour l’automne 2014, nourrit un climat de pré-campagne dans les rangs du premier parti de droite républicaine. Cette élection sera par ailleurs cruciale dans la perspective de la préparation de l’élection présidentielle de 2017, dont on est à peu près sûr aujourd’hui qu’elle donnera lieu à des primaires à l’UMP. Pour ces deux échéances, l’utilisation des réseaux sociaux, et particulièrement de Twitter, devrait jouer un rôle certain. Ozil Conseil s’est demandé quelles étaient les forces en présence sur Twitter en ce milieu d’année 2014.

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Languedoc-Roussillon : quelle présence sur Twitter pour les candidats aux municipales? [Etude]

A moins de trois semaines de son échéance, un premier bilan est possible : la campagne 2014 des élections municipales aura été marquée par les questionnements autour des réseaux sociaux en général, et de Twitter en particulier. Si certaines équipes de campagne sont déjà aguerries dans leur pratique de la communication politique sur Internet, d’autres peinent encore à statuer sur la pertinence d’un tel investissement, quand elles ne sont pas déjà refroidies par les retours de flamme qu’entraîne la récurrence de mauvaises pratiques et d’improvisations.

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Le rôle désormais central de Twitter dans la communication politique de crise

Si on laisse de côté les aspects people et politique de l’affaire, il est une chose que la récente séparation de François Hollande et Valérie Trierweiler aura apprise à ceux qui n’en étaient pas encore convaincus : il est désormais difficile de faire l’économie de Twitter dans le cadre d’une communication politique de crise.

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Communication politique : à serein, serein et demi

La campagne présidentielle de 2012 en a encore été un exemple, jusque dans son issue. Qu’ils perdent ou gagnent, les femmes et hommes politiques français n’ont qu’un mot à la bouche : “serein“.

Nicolas Sarkozy, perdant la présidentielle 2012 ? “Je suis serein“. François Hollande, remportant la même ? “Je suis serein“. Dominique de Villepin, il y a quelques mois, à l’approche d’un procès retentissant ? “Je suis serein“. Le mot “serein” doit être le plus employé à ce jour au sein de la classe politique française. Il n’en tient qu’à vous d’en juger par vous-même : prenez seulement le temps de questionner un lieutenant politique sur l’état d’esprit d’un ténor de son parti, et la réponse fusera : “il/elle est serein(e)”.

Le quiproquo initial

Pour les personnes qui l’utilisent dans un contexte de communication politique, le mot “serein” a une vocation bien précise : il vise à donner de leur personne – ou de celle dont ils parlent – une image de stabilité apaisée, d’immuabilité, y compris au sein du cyclone, qu’il soit euphorique ou tragique.

Il semblerait donc a priori que le mot “serein” soit employé exclusivement pour décrire (ou, plus souvent, mettre en scène) un état intérieur sur lequel les circonstances extérieures mouvementées n’ont pas de prise. Mais en étudiant son étymologie, on s’aperçoit qu’il s’agit là d’une évolution de son sens initial frisant le quiproquo.

Le mot “serein” nous vient de l’adjectif latin “serenus” dont le premier sens est, d’après le Gaffiot, “pur, sans nuages“. La métaphore météorologique était d’ailleurs déjà très souvent liée à l’emploi du mot en latin : le verbe “sereno” avait lui aussi le sens de “chasser les nuages de l’âme“.

Le quiproquo est soudain évident : alors qu’ils l’emploient pour suggérer un état, celui de l’absence de nuages, le mot “serein” devient dans un contexte de communication politique un attribut à valeur d’action, celle de chasser les nuages autour de l’image du personnage concerné. Ce n’est pas, à l’arrivée, l’homme politique qui doit être serein, mais bien le regard que le citoyen posera sur lui. Pour ne pas que le paysage soit sombre, on éclaire les lunettes du spectateur.

Effet collatéral

Cet emploi systématique n’a donc pas vocation à s’éterniser : sous peu, l’emploi du mot “serein” dans un contexte politique deviendra l’équivalent psychologique d’un tapis sous lequel la réalité poussiéreuse s’accumule, de la fumée annonçant un feu, ou de la roche dissimulant la fameuse anguille. Sans compter que l’effet de répétition reste l’un des plus efficaces en matière d’effet comique, et qu’il est peu probable que tout cela termine autrement.

Concluons enfin sur un dernier élément, l’homophonie du mot avec le nom d’oiseau “serin”, qui fut durant des décennies (révolues) en France le synonyme le plus abouti et employé des mots “idiot” et “imbécile”. Mieux vaut être débarrassé de l’imaginaire inconscient créé par cette dernière occurrence pour apprécier à leur juste valeur l’état d’esprit récurrent de nos responsables politiques.

Les EchosArticle publié dans Le Cercle Les Echos.