Les chiffres des médias sociaux en juillet 2012 [The Infographic Show]

C’est en vidéo que The Infographic Show a choisi de nous livrer les derniers chiffres concernant les médias sociaux dans le monde. On y apprend ainsi, entre autres informations remarquables, que :

  • 62% des adultes utilisent désormais les médias sociaux ;
  • Un utilisateur moyen d’Internet passe 16 heures en ligne par mois, contre 32 heures pour un utilisateur américain ;
  • 79% de la population américaine est connectée – c’est à dire moins que le Japon (80%), que la France (80%), que l’Allemagne (82%), ou encore que le Royaume Uni (85%) ;
  • En Chine, 456 millions de personnes sont connectées à Internet – mais cela ne représente que 34% de la population totale du pays.
  • Facebook reste en tête des réseaux sociaux avec 900 millions d’utilisateurs ;
  • L’utilisateur moyen de Facebook y passe 20 min par visite et possède 130 amis ;
  • Twitter est le 2nd réseau social par ordre d’importance, avec 140 millions d’utilisateurs dans le monde, qui produisent 340 millions de tweets chaque jour ;
  • L’utilisateur moyen de Twitter a 126 followers ;
  • 40% des utilisateurs de Twitter ne tweetent pas ;
  • 0,05% de la population de Twitter monopolise l’attention de 50% des utilisateurs ;
  • 25% des utilisateurs de Twitter n’ont aucun follower ;
  • Youtube totalise 800 millions de visiteurs uniques par mois.

Stratégie et Droit, deux outils complémentaires de l’e-réputation

Entreprises, institutions, et même particuliers en conviennent désormais : l’usage généralisé d’Internet a bouleversé à la fois la perception de leur image, la façon de la construire, mais aussi les moyens de la défendre. Face à ces nouveaux défis, deux outils s’imposent dans une forme de complémentarité trop souvent théorique : celui de la Stratégie digitale, et celui du Droit.

« Maîtrisez votre e-réputation »

Le 24 mai dernier le cabinet Ernst & Young société d’avocats organisait à Montpellier une conférence sur les enjeux juridiques de l’e-réputation. Maître Marie Sonnier Poquillon, avocate en droit de la propriété intellectuelle spécialisée dans les questions relatives à Internet, et Maître Naïra Zoroyan, avocate en Droit social, y présentaient en binôme leur expérience sous le titre évocateur suivant : « Maîtrisez votre e-réputation ».

L’exposé fut clair et sa démonstration limpide : prévenir vaut mieux que guérir, et une e-réputation maîtrisée commence à l’intérieur-même de la structure concernée, par la régulation de l’usage d’Internet et la protection des données qui y transitent.

Face à ce constat de bon sens une réflexion s’impose : comment s’articule la complémentarité entre la stratégie de communication digitale, indispensable à la (re)construction d’une image sur Internet, et l’action juridique, indispensable à son encadrement ?

L’épée et le bouclier

Prenons un peu de hauteur de vue en nous basant sur l’exemple d’une marque d’entreprise : l’e-réputation, c’est l’image subjective de cette marque que se construit un internaute à partir des éléments disponibles sur Internet en rapport avec cette marque. Ces éléments peuvent avoir été mis en ligne par les internautes, ou par l’entreprise elle-même, et ce sur différents supports. Parmi les plus représentés citons les blogs, les forums, les réseaux sociaux, la presse en ligne, les wikis, entre autres.

Cette définition est parlante, parce qu’elle met distinctement en relief deux leviers d’action possible sur l’e-réputation d’entreprise.

Le premier, plutôt offensif, est celui de la construction sur Internet d’une image en cohérence avec le parcours, les valeurs, et bien entendu les objectifs de l’entreprise. Ce levier est stratégique : il consiste à mettre en place autour d’un site Internet ciselé dans cette optique une communication portée et relayée tour à tour par d’autres outils, dont un blog et des réseaux sociaux. Le cadre ainsi élaboré vise à imposer puis à gérer au quotidien l’image de l’entreprise, en bénéficiant en plus d’un contact direct avec les internautes.

Le second est plus défensif : il consiste à garder un regard sur les informations à propos de l’entreprise qu’Internet livre aux internautes, et à réagir rapidement face au discrédit en germe, qu’il s’agisse de diffamation, de dénigrement, de contrefaçon, ou encore de divulgation de données confidentielles. Ce levier comporte une grande part juridique : car si la veille sur Internet se fait via des outils spécifiques, seul le droit permet d’agir directement contre de telles publications.

S’il fallait donc sculpter dans le marbre la figure du chef d’entreprise partant à la conquête de son e-réputation de marque, il poserait avec l’épée de la Stratégie dans une main et le bouclier du Droit dans l’autre.

Une constante : la prévention

Pourtant il est une autre allégorie, peut être plus pragmatique encore, de l’e-réputation efficace : il s’agit de la fable de La Fontaine faisant allusion à une cigale négligente par opposition à une fourmi prévoyante. Et en ceci encore stratégie digitale et encadrement juridique se rejoignent.

En matière de stratégie digitale, l’efficacité repose en grande partie sur la cohérence globale du travail : un blog par exemple doit concevoir son apparence et sa ligne éditoriale en osmose avec l’ensemble de la communication de l’entreprise – c’est-à-dire pas seulement digitale. De même, l’utilisation des réseaux sociaux se positionnera d’emblée comme étant exclusivement au service de cette stratégie, et n’interviendra donc jamais de manière brouillonne ou spontanée, comme parfois certains préjugés insouciants le laisseraient envisager. Tout propos relève d’une ligne stratégique claire, qui elle-même se prépare en amont, idéalement dès la conception du site Internet, ou bien dans le cadre d’une refonte de celui-ci.

Or il en est de même en matière de Droit : dès la création de l’entreprise, son dirigeant doit désormais mettre en place les outils juridiques qui lui permettront de garder la main dans quelque situation que l’avenir lui réserve. Face aux épanchements préjudiciables d’employés aigris, par exemple, la rédaction d’une charte Internet ou encore d’un règlement intérieur abouti sont autant de jalons susceptibles d’être actionnés comme des coupe-feux en cas de litige.

C’est donc un fait : toute stratégie d’e-réputation doit, pour être efficace, reposer sur un environnement juridique stable et réactif, de même que toute action juridique doit, pour être suivie d’effet, s’accompagner d’une vision stratégique plus large. Mais si les outils évoqués ici permettent de dégager quelques vérités générales, il n’est pour autant aucune réponse préétablie face aux problématiques d’e-réputation. Et c’est sans doute l’un des paradoxes (réjouissant) de cet univers que de laisser autant de place à l’analyse et à l’empathie humaines dans un monde créé à partir d’algorithmes, de 0 et de 1.

Les EchosArticle publié dans Le Cercle Les Echos.

Interview Gard Mag, mai 2012

En mai 2012 Gard Mag, le webzine du Conseil général du Gard, interroge Stéphane Ozil à propos de Twitter et de ses enjeux concernant les collectivités territoriales.

Gard Mag

Communication politique : à serein, serein et demi

La campagne présidentielle de 2012 en a encore été un exemple, jusque dans son issue. Qu’ils perdent ou gagnent, les femmes et hommes politiques français n’ont qu’un mot à la bouche : “serein“.

Nicolas Sarkozy, perdant la présidentielle 2012 ? “Je suis serein“. François Hollande, remportant la même ? “Je suis serein“. Dominique de Villepin, il y a quelques mois, à l’approche d’un procès retentissant ? “Je suis serein“. Le mot “serein” doit être le plus employé à ce jour au sein de la classe politique française. Il n’en tient qu’à vous d’en juger par vous-même : prenez seulement le temps de questionner un lieutenant politique sur l’état d’esprit d’un ténor de son parti, et la réponse fusera : “il/elle est serein(e)”.

Le quiproquo initial

Pour les personnes qui l’utilisent dans un contexte de communication politique, le mot “serein” a une vocation bien précise : il vise à donner de leur personne – ou de celle dont ils parlent – une image de stabilité apaisée, d’immuabilité, y compris au sein du cyclone, qu’il soit euphorique ou tragique.

Il semblerait donc a priori que le mot “serein” soit employé exclusivement pour décrire (ou, plus souvent, mettre en scène) un état intérieur sur lequel les circonstances extérieures mouvementées n’ont pas de prise. Mais en étudiant son étymologie, on s’aperçoit qu’il s’agit là d’une évolution de son sens initial frisant le quiproquo.

Le mot “serein” nous vient de l’adjectif latin “serenus” dont le premier sens est, d’après le Gaffiot, “pur, sans nuages“. La métaphore météorologique était d’ailleurs déjà très souvent liée à l’emploi du mot en latin : le verbe “sereno” avait lui aussi le sens de “chasser les nuages de l’âme“.

Le quiproquo est soudain évident : alors qu’ils l’emploient pour suggérer un état, celui de l’absence de nuages, le mot “serein” devient dans un contexte de communication politique un attribut à valeur d’action, celle de chasser les nuages autour de l’image du personnage concerné. Ce n’est pas, à l’arrivée, l’homme politique qui doit être serein, mais bien le regard que le citoyen posera sur lui. Pour ne pas que le paysage soit sombre, on éclaire les lunettes du spectateur.

Effet collatéral

Cet emploi systématique n’a donc pas vocation à s’éterniser : sous peu, l’emploi du mot “serein” dans un contexte politique deviendra l’équivalent psychologique d’un tapis sous lequel la réalité poussiéreuse s’accumule, de la fumée annonçant un feu, ou de la roche dissimulant la fameuse anguille. Sans compter que l’effet de répétition reste l’un des plus efficaces en matière d’effet comique, et qu’il est peu probable que tout cela termine autrement.

Concluons enfin sur un dernier élément, l’homophonie du mot avec le nom d’oiseau “serin”, qui fut durant des décennies (révolues) en France le synonyme le plus abouti et employé des mots “idiot” et “imbécile”. Mieux vaut être débarrassé de l’imaginaire inconscient créé par cette dernière occurrence pour apprécier à leur juste valeur l’état d’esprit récurrent de nos responsables politiques.

Les EchosArticle publié dans Le Cercle Les Echos.

La stratégie digitale en entreprise : une symphonie numérique

En matière de stratégie digitale, rien n’est plus important que la cohérence de l’ensemble mis en place. Et quand il faut expliquer cela le plus clairement possible, c’est peut être l’image de l’orchestre qui reste la plus parlante.

Qu’on la nomme stratégie numérique ou stratégie d’e-réputation, une stratégie digitale garde toujours le même objectif : permettre à l’entreprise qui la met en place de donner une cohérence à l’image qu’Internet construit à son propos. Pour ce faire, toute stratégie digitale doit utiliser à bon escient l’ensemble des outils qui sont à sa disposition, en adaptant la fonction de chacun à la direction voulue pour l’ensemble. C’est ainsi que se construit une partition d’e-réputation, dont la justesse finale dépend avant tout, comme pour tout morceau de musique, tant de l’écriture du morceau en amont que de la fidélité d’interprétation au moment crucial.

Le site Internet : la salle d’opéra

Dans une stratégie digitale, le site Internet a une fonction plus que primordiale. Il va déjà accueillir tous les mélomanes attirés par la musique concernée ; mais il va aussi avoir pour tâche d’en amplifier la résonance – et c’est d’ailleurs à cela qu’on jugera de sa qualité : tout site Internet incapable soit de satisfaire la curiosité de ses visiteurs, soit de combler leur attente, sera disqualifié à leurs yeux lors de leurs prochaines démarches. Pour cela, il faut construire ce site autour d’une identité digitale d’entreprise solide et éminemment stratégique, dont la stratégie d’e-réputation deviendra alors un prolongement malléable.

Le blog : le chef d’orchestre

Le blog reste l’outil principal du chef d’entreprise en matière de stratégie digitale. C’est lui qui définit au quotidien les priorités en matière de communication, qui met en relief les réussites de l’entreprise, qui met l’accent sur tel ou tel point remarquable de son actualité, qui en présente les produits et les experts. Il reste le chef d’orchestre de la stratégie digitale, et lors des changements de rythme, tous les regards virtuels se tournent vers lui, à juste titre. Il faut donc définir avant de lancer le blog sa ligne éditoriale, sa fréquence de publication, la tonalité de ses billets, ou encore son champ thématique – chacun de ces éléments devant être reconsidéré régulièrement en fonction de l’actualité de l’entreprise.

Les réseaux sociaux : les instruments

Chaque réseau social a par définition sa nature et ses fonctions propres, mais dans le cadre d’une stratégie digitale, celles-ci sont encore affinées et orientées en cohérence stratégique totale avec celles des autres. Certains éléments demanderont en amont plus d’attention que d’autres, comme la définition du profil Twitter par exemple, ou encore la photo de couverture de la Timeline Facebook. Comme dans un orchestre, chaque réseau social devient un instrument susceptible de jouer sa partition en rythme et en harmonie avec celle des autres, l’idée maîtresse restant de mettre en valeur non sa propre prestation mais la mélodie générale.

La stratégie : la mélodie finale

Car enfin, c’est à la prestation de l’ensemble que l’on jugera bien sûr de l’efficacité d’une stratégie digitale : est-elle à même de refléter fidèlement non seulement l’identité de l’entreprise, mais aussi sa démarche ? Est-elle en phase avec son éthique, ses valeurs ? Les spectateurs sollicités sont-ils satisfaits par la mélodie qu’ils entendent – comprenez : parviennent-ils à saisir facilement de quoi il s’agit, et ce que l’on désire leur proposer ?

La difficulté en matière de stratégie digitale n’est donc pas de parvenir à utiliser plusieurs outils en même temps pour communiquer, pas plus qu’il n’est difficile en musique de faire jouer plusieurs instruments ensemble. Mais de même que c’est dans l’harmonie du son final qu’est la réussite d’un concert symphonique, c’est dans la limpidité du message global qu’est celle d’une stratégie digitale. L’important n’est ni le nombre de notes, ni leur rapidité d’exécution : l’important est avant tout que leur musique sonne juste et clair aux oreilles des spectateurs.

L’expansion irrésistible d’Internet et des médias sociaux

D’après le blog Pingdom relayé par FrenchWeb, ces cinq dernières années ont vu le nombre d’internautes doubler sur la planète : en 2012 nous serions près de 2,27 milliards d’internautes, contre 1,15 milliard en 2007.

La progression peut être répartie ainsi, en termes d’évolution du nombre d’internautes par continent :

  • de 418M à 1 milliard en Asie
  • de 322M à 501M en Europe
  • de 233M à 273M en Amérique du Nord
  • de 110M à 236M en Amérique Latine
  • de 34M à 140M en Afrique
  • de 20M à 77M au Moyen-Orient
  • de 19M à 24M en Océanie

FrenchWeb souligne aussi la mise à mal de quelques idées reçues par certains de ces chiffres :

  • L’Afrique affiche la plus grosse croissance avec une hausse de 317% du nombre d’internautes.
  • L’Europe fait état également d’un certain dynamisme puisque qu’elle enregistre une hausse de 56%, contre seulement 17% pour l’Amérique du Nord.
  • La population internet asiatique est aujourd’hui équivalente à la population mondiale d’internautes il y a 5 ans.
  • L’Europe présente une population d’internautes deux fois plus importante que le nombre d’internautes en Amérique du Nord.

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Autre source, le blog Social Media Chimps publie une vidéo produite par Erik Qualman qui permet de prendre la mesure du bouleversement que représente la déferlante des médias sociaux dans le quotidien de l’humanité. Son titre, The Social Revolution 2012, est d’ailleurs déjà éloquent. Vous y apprendrez, entre autres, que :

    • plus de 50% de la population mondiale a moins de 30 ans ;
    • il a fallu 38 ans à la radio pour atteindre 50 millions d’utilisateurs, contre 13 ans pour la télévision, 4 ans pour Internet, 3 ans pour l’IPod… et que Facebook a atteint plus de 200 millions d’utilisateurs supplémentaires en moins d’un an ;
    • si Facebook était un pays, il serait le troisième du monde par sa population, derrière la Chine et l’Inde ;
    • YouTube est le deuxième moteur de recherche du monde ;
    • et enfin, que 78% des internautes font confiance aux avis des consommateurs, quand seulement 14% font confiance aux publicités.